Controverses

Et zut !
Le 12 juin 2000, nous recevons une lettre promotionnelle d’une société, productrice de produits cosmétiques au lait de jument.

Le courrier est signé du conseiller scientifique de cette société, et commence << La peau et le système nerveux naissent tous deux d’un même feuillet embryonnaire : l’ectoderme…ainsi le mal-être s’exprime souvent par une dermatose d’appel…eczéma atopique… >>.

Cette formule est reproduite dans diverses presses depuis un an.

Et elle est fausse !

Elle est doublement fausse : sur le plan fondamental, et sur le plan physiopathologique.

Donc, mise au point.

C’est quoi la peau ?

La peau est constituée de l’épiderme, du derme, de l’hypoderme, de terminaison nerveuses, de vaisseaux capillaires, de lymphe intercellulaire, de récepteurs cellulaires, de transmetteurs bio-chimiques et hormonaux, sans oublier l’appareil pilo-sébacé.

D’où viennent ces composants ?

Une dizaine de jours après la conception, les cellules subissent un remaniement qui va amené à l’apparition de 3 feuillets : l’ectoderme, le mésoderme et l’endoderme.

Que va donner l’ectoderme ? : l’épiderme avec ses glandes, le système nerveux et les organes des sens.

Que va donner le mésoderme ? : le derme, l’appareil locomoteur, l’appareil circulatoire, l’appareil urinaire, l’appareil génital.

Que va donner l’endoderme ? : les systèmes digestif et respiratoire.

Les mystères : le premier battement du cœur, les processus et la psyché.

Allons-nous recommencer ici un cours sur notre pathologie ?

Non !

Allons-nous secouer le cocotier, et nous poser des questions sur ces personnes qui discourent sur du bluff ?

Oui !

Qui sont ces personnes ?

Des marchands, des médecins, des psy, des journalistes, la concierge du coin, la bonne copine, la belle-mère etc…

Pour les marchands : notre mépris.

Pour la concierge, la bonne copine, belle-maman : des Pile & Face.

Pour les journalistes : des Pile & Face.

Pour les psy : un stage de formation et une petite thérapie active.

Pour le médecin, nous retenons le cas principal : celui qui ne peut accéder à la liberté de l’observation personnelle.

Nous mettons entre parenthèses les pas doués et les fragilisés.

Que faire ?

Dire à tous que le patient change. Il demande à comprendre sa pathologie. Il s’en donne les moyens.

Il y participe aussi.

Merci mille fois aux médecins pour qui tout cela est normal

Michèle Lamirand



Réfléchissez
avant d’utiliser un acaricide en pulvérisateur. Ces produits sont très utiles dans un lieu infesté, ancien et inhabité depuis longtemps. Ils ne sont pas obligatoirement nécessaires dans le logement habituel. Il faut savoir qu’ils sont toxiques. Ils ne doivent pas être utilisés par l’atopique lui même (ils sont déclencheurs de crises). J’ai moi-même fait mon unique broncho-spasme, il y a 4 ans, en essayant une bombe acaricide qu’un labo m’avait adressée. Ah qu’elle est compliquée la vie d’un atopique !

Les Polyuréthanes
Ils sont à éviter lors de l’acquisition de housses anti-acariens, principalement les housses de traversin et d’oreillers : notre épiderme est trop proche de ces matériaux aux composants complexes qui nous font réagir. De plus, ils sont « sonores ».

Choisir des oreillers en synthétique, et les recouvrir de 2 housses en coton qui passent en machine toutes les semaines.

Attention : si les oreillers sont lavés en machine, ils se chargent de particules de lessive, particules irritantes, petits nuages de lessive…
Le passage en lave-linge des oreillers doit se faire sans lessive.

Rappel : les housses anti-acariens des matelas ne sont obligatoires qu’en cas de matelas en laine.

Pour un matelas moderne, en synthétique : utiliser un molleton en coton sous le drap. Ce molleton sera lavé régulièrement (avoir 2 molletons).

Le drap et le molleton bloquent le passage de nos squames. Les acariens qui par hasard se déposeraient sur le coutil du matelas ne trouveraient pas de quoi se nourrir. Il est conseillé de passer l’aspirateur sur les matelas régulièrement, tout comme sur les fauteuils et canapés.

Faut pas croire !
Au sujet des chats et des chiens : j’ai eu durant 25 ans soit un chien, soit un chat. J’étais ce qu’on appelle une « atopique asymptômatique », c’est-à-dire sans symptômes (ni eczéma, ni asthme, ni rhinite, ni conjonctivite). Je pouvais être bourrée d’IgE, mon système immunitaire s’activait dans le bon sens, et restait de marbre aux appels des allergènes.

C’est la mise à plat médicamenteuse de mon système immunitaire qui a révélé mes sensibilisations : après le développement d’ infections, il s’est activé dans le sens qui le titillait le plus, tout d’abord vers les toxines bactériennes streptococciques, puis les allergènes des animaux, puis ceux des végétaux ; mon épiderme réagit aussi aux vêtements en soie, alors que j’en ai porté durant deux décennies.

Aujourd’hui, ma peau est souple et douce.
Mais gare à l’inhalation des pollens printaniers !
Mais gare aux animaux du compartiment du train !

Tests et tests
Quand j’allais très mal, ma peau fabriquait une urticaire très énervante au contact du latex. Puis sur une longue période, elle n’a plus réagi. Il y a quelques mois, boum ! lésion au contact du sparadrap habituel. Quinze jours plus tard, belle et large plaque d’urticaire à partir du latex de mon soutien gorge. Puis, plus rien.

1) Réfléchissons à l’acquisition de la tolérance cutanée.

2) Réfléchissons aux variations de cette tolérance.

3) Réfléchissons au sens des tests allergologiques.

4) Par extension, réfléchissons à l’acquisition, au maintien et à la rupture de la tolérance digestive.

Cortisone per-os
Ça a été dit à nos Journées de Lyon : « la cortisone par voie générale est contre-indiquée pour traiter une dermatite atopique ».

Ajouté à cela, nous, Afpadiens, nous pensons : tout traitement immunosuppresseur per-os n’est pas indiqué pour soigner une D.A..

Soleil !
Il peut être dit, en cure thermale << Mettez moi tout çà au soleil !>> Tout çà, c’est un prurigo, des boutons rouge-violet . Il s’agit d’infection latente…et, sous le soleil, tout çà explose et s’aggrave : les UV induisent une immunosuppression, ce qui est en contradiction avec le geste de guérison.
Le diagnostic d’une dermite séborrhéique (DS) est souvent confondu avec la dermatite atopique chronique d’une personne atopique. Le visage et le cou sont rouge, le cuir chevelu démange souvent. Le champignon, cause de la dermite séborrhéique (
Malassezia furfur) prolifère en milieu alcalin, également avec les crèmes cosmétiques, et sous l’effet du soleil. Aussi, lorsqu’une eau thermale a un pH alcalin (+de 7), elle ne convient pas pour les zone concernées par la DS.
Sur ces zones, une eau au pH acide ou une eau déminéralisée (sans parfum) sont les bienvenues.

Test à l’arachide
Ou, lorsque le parent voit tout trouble

Tatiana est une très jolie atopique de 6 ans.
Elle souffre beaucoup de son eczéma depuis ses premières semaines. Et sa maman souffre aussi de l’eczéma de sa fille.
Elles arrivent dans un centre spécialisé sur la recherche d’allergies alimentaires.
Là, le test à la cacahuète est, entre autres tests très réactif.
Le professeur parle alors de l’extrême gravité de la chose, de mort possible ; elle interdit la cantine, et conseille à la maman de trouver une personne qui viendra chez elle donner à Tatiana le plateau que sa maman aura préparé tout exprès.

Les années passant, la maman parle régulièrement des efforts fournis, de ce test cutané terrible à l’huile d’arachide, et de l’inflammation quasi immédiate de la peau de Tatiana. D’ailleurs  Tatiana qui a maintenant 10 ans est devenue terrorisée par l’idée du risque allergique.
Je m’interroge, car nous n’en sommes plus aux premières années, et nous savons que les tests de réintroduction de l’huile d’arachide ainsi que son application ne présentent pas de réactions positives.
Alors, je dis : « Comment s’est passé ce test à l’arachide ? »
La maman me répond : « Lorsque j’ai téléphoné pour prendre RV, on m’a demandé d’apporter de l’huile d’ara… » Silence… «…mais non, on ne m’a pas demandé de l’huile d’arachide, on m’a demandé d’apporter des cacahuètes»…silence… « on les a écrasées devant moi, puis avec un coton, on en a déposé sur le menton de Tatiana juste sous la bouche…»
Stupeur ! c’est une révélation pour la maman et pour moi-même : dès cette consultation, la maman, effrayée par le message d’extrême gravité, avait transformé la nature du test de sa fille : d’un allergène réel et bourré d’histamine (la cacahuète), elle avait inconsciemment glissé vers l’idée de son composé, l’huile raffinée, sans protéine allergisante.
Cette modification mentale a duré quatre années. Quatre années à répéter que Tatiana avait réagi violemment à l’huile d’arachide déposée sur sa peau. Quatre années à paniquer lorsque la trousse d’urgence était oubliée à la maison.
Et pour moi, des années de troubles sur ce que me disait la maman de Tatiana !

   

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